J'ai écrit ça il y a trois ans pour un devoir, et puis, je l'ai
bien aimé. Le but était de faire une nouvelle fantastique, c'est à
dire que l'explication de la situation peut être logique ou
extraordinaire selon le choix du lecteur. Bonne lecture 
Yohan Morel.,
8 rue de la Libération
38000 Grenoble
« Monsieur le Notaire,
Je vous contacte suite à la mort de ma
grand-mère, Mme Virginie Morel. Il y a environ une semaine, vous
nous avez fait la lecture de son testament et vous nous aviez
précisé qu’elle l’avait modifié peu de temps avant son
décès. J’ai hérité de sa maison et j’ai trouvé dans sa
chambre une lettre de sa main ainsi que plusieurs coupures de
journaux. Je vous ai joint des copies de ces documents afin que
vous puissiez juger au mieux de la situation.
Avec mes sincères salutations, »
Yohan Morel
« J’ai toujours pensé être saine
d’esprit, mais depuis que ces évènements ont eu lieu, je ne
suis plus sûre de rien. Malgré mon âge, j’ai conservé tous
mes souvenirs, même ceux de ma petite enfance avec une précision
remarquable. Et je n’aurai jamais pensé qu’il put
s’y être caché quelque chose de si terrible…
Ce jour là, j’étais assise dans mon
fauteuil préféré, celui où je me reposais chaque après-midi depuis
la mort de mon époux. Etrangement, cet après-midi, je ne sus si je
m’étais assoupie ou si c’était réellement
arrivé… J’éteignis la télévision et m’assoupis.
Au bout d’un certain temps, je me réveillai dans une pièce
que je connaissais sans arriver à me rappeler dans quelle maison
elle pouvait être. Je penchai d’abord pour un rêve, avant de
voir d’autres éléments familiers, comme un chapeau au mur ou
encore le plancher qui avait été fait à partir d’un
noisetier…
Je ne savais pas d’où je pouvais
tenir une telle information ! Je me retournai en sachant que
je verrai la cheminée et le buffet sur sa gauche. D’instinct,
je grimpai les marches quatre à quatre avec une agilité dont je ne
me serais jamais soupçonnée à quatre-vingt-dix-huit ans !
J’arrivai dans une chambre que je reconnaissais sans parvenir
à me rappeler à qui elle appartenait. Je sais qu’il y avait
deux personnes et que Wilhelmine… Mais pourquoi parlais-je
de ma sœur morte il y a de cela dix ans ?
Prise d’un sentiment de peur et de
curiosité, je me penchai au-dessus du berceau, reconnaissant en
effet ma petite sœur.
Je ne me rappelai pas de tels souvenirs, ceci
ne peut être qu’un rêve sans fondement !
Pour me convaincre que ce n’était
qu’un souvenir ‘‘arrangé’’, je me mis
à genoux près du lit, celui qui était contre la fenêtre. Je
tâtonnai pendant de longues minutes avant de me souvenir que ce que
je cherchais était sur ma droite. Je sentis enfin une boîte en
bois, que je tirai jusqu’à moi en l’ouvrant avec
émotion. J’extirpai Charlotte, ma poupée biscuit, de son
cercueil de bois en la serrant contre moi.
Ma poupée biscuit ? Je l’avais
cassée à quinze ans ! Ceci n’est qu’un rêve,
n’est-ce pas ?
Je courus rapidement jusqu’au
miroir, accroché au-dessus de l’évier pour voir mon
visage ! Je vis que je portai une blouse, ma blouse, jetée le
jour où je me suis fiancée. Mais quel âge pouvais-je donc avoir
pour être ainsi ?
Ma mère me vit dans cette tenue et me
dit :
« Virginie, dépêche-toi de te vêtir
convenablement ! Le photographe vient après la messe,
rappelle-toi ! »
Je continuai ma course vers le miroir
quand je vis ma sœur France pelant les pommes de terre
nouvelles. Joseph allait la tirer de sa corvée…
Joseph était mort il y a plus de vingt ans et
ma sœur l’avait rejoint peu de temps après !
Comment pouvais-je les voir aussi jeunes et surtout, aussi
vivants ?
Je ne me reconnus pas dans le miroir. Ou
plus exactement, je reconnus la Virginie que j’étais à
quatorze ans… Comment était-ce possible ? Nous étions
donc en… 1924 ? J’entendis les cloches de
l’église qui sonnaient au loin. Je montai
me changer, en restant pensive… Surtout, je ne comprenais
pas ce qui se passait…
Dehors, je vis mon père finissant
d’atteler Phénix, notre percheron. France sortit et rejoignit
son fiancé tandis que ma mère tenait Wilhelmine dans ses bras. Mon
jumeau, Paul, aidait mon père tandis que Roger et Léon jouaient
ensemble. Marius ne tarda pas à nous rejoindre, accompagné de sa
femme, une ‘‘citadine’’ appelée
Anne.
Ca ne peut être qu’un rêve, il est
impossible que ce soit autre chose !
Nous montâmes dans la charrette et nous
partîmes vers l’église. Je trouvai que la messe était longue,
étant donné que j’étais impatiente de me faire photographier.
La visite des photographes était si rare qu’elle en devenait
un événement aussi important que la foire de Beaucroissant, si ce
n’est plus.
Nous nous dirigeâmes vers la place, où un
homme moustachu prit nos portraits. Derrière lui, je reconnus un de
mes ‘‘camarades’’, Henri. Il était dans la
classe de mon frère et ce fut pour lui que je ressentis mes
premiers émois d’adolescente. Je ne remarquai que lui pendant
que nous prîmes la photo de toute la famille, cette photo que je
conserve encore.
Enfin, nous revînmes à la ferme, où je
montai me changer. En bas, Ghislaine, mon amie, m’attendait.
Je partis avec elle dans la forêt, notre terrain de jeu favori. Je
crois bien que ce jour là, elle m’annonça quelque chose
d’important, mais je ne puis m’en souvenir. Un énorme
trou noir s’est substitué à ce qu’elle m’a dit.
Je me rappelle m’être ‘‘réveillée’’
lorsque je l’entendis hurler*, elle gisant à mes pieds et moi
tenant un énorme morceau de bois. Ses longues nattes blondes était
maculées de sang… J’hurlai à mon tour, lançai le bois
dans les buissons et me mis à courir, en accélérant encore ma
vitesse… Une ronce s’accrocha à la poche de ma blouse,
la déchirant, mais je fuyais toujours plus
vite… »
La Gazette du
Canton
22 juin 2008
Battue mortelle dans la montagne
!
Les chasseurs de Rochetaillé ont eu une bien mauvaise surprise
dimanche dernier ! En effet, lors d'une battue on ne peut plus
ordinaire, ils ont retrouvé le corps d'une jeune adolescente !
La suite en page 2...
La Gazette du
Canton
25 juin 2008
La morte de la
montagne est identifiée !
La police a réussi à identifer la
jeune fille morte et retrouvée lors de la battue. Sa disparition
remonte à* plus de 84 ans ! Grâce à la participation de ses
arrières petits-neveux et nièces, la gendarmerie a conclu qu'il
s'agissait de Ghislaine Vial !
Suite en pages 2 et 3 .
La Gazette du
Canton
27 juin 2008
Un suspect
interrogé et écroué !
Un possible suspect de l'assassinat de
Ghislaine Vial a été arrêté dans la nuit de samedi à dimanche par
la gendarmerie. Paul U., 99 ans, est suspecté de meurtre avec
préméditation sur la jeune fille. Les autorités ont en effet
retrouvé l'arme du crime avec* Henri U. !
Suite en page 2
La Gazette du
Canton
29 juin 2008
Mort du principal suspect de l'affaire de
Rochetaillé !
Hier soir, Paul U. s'est donné la mort, refusant d'avouer son
crime et ne voulant pas mourir en prison. Les autorités penchent
pour un crime passionel. Quand un amour d'adolescent se transforme
en passion mortelle...
Suite en page 3
* Merci à Neamar pour les trois fautes
qui restaient !